Atelier Canopé 55 - Verdun
Pôle Histoire & Culture européenne

Le Fort de Douaumont

 25 février 1916. Depuis quatre jours, l'artillerie allemande ravage le champ de bataille de Verdun où les Allemands progressent de sept kilomètres pour atteindre la ligne principale des fortifications.

Le fort de Douaumont, comme tous les autres autour de Verdun, n'abrite plus qu’une garnison d’une soixantaine d’hommes et a été désarmé fin 1915. Il ne subsiste que, des tourelles d'artillerie et des coffres des fossés. Parvenus à quelques centaines de mètres du fort, les soldats du 2e bataillon du 24e Brandebourgeois et des hommes du bataillon de Génie attaché prennent l'initiative d'aborder la forteresse, probablement renseignés par des prisonniers français sur l’absence de défense. Des hommes de la 6e compagnie du lieutenant Radtke descendent dans les fossés et s’introduisent facilement dans la cour intérieure. Ils sont suivis plus tard par la 8e compagnie du lieutenant Brandis. Les servants de la tourelle de 155 sont faits prisonniers en quelques minutes. Le personnel de la tourelle de 75 est capturé de la même manière.

Le fort, tenu par une poignée de Français, passe donc aux mains des Allemands sans un coup de feu ! Le général Rouquerol écrira : « L'abandon du fort de Douaumont équivaut dans l'ensemble de la guerre 1914-1918 à la perte d'une centaine de mille hommes. ». L’ouvrage sera repris par les hommes du général Mangin le 24 octobre 1916, après huit mois de combats.

Le Fort de Douaumont est situé au nord-est de l'ensemble des fortifications conçues par le général Séré de Rivières autour de Verdun, face à la nouvelle frontière située à 35 kilomètres suite à la perte de l'Alsace-Moselle en 1871.  Bâti à partir de 1885, il est successivement modernisé jusqu'à la veille de la guerre : il est bétonné et armé d'impressionnantes tourelles d'artillerie à éclipse, de canons de 75 et de 155, de mitrailleuses, ainsi que d’une casemate de Bourges en béton armé pour deux canons de 75. Le dédale des galeries permet d'en découvrir toute l'organisation interne et de retrouver l'atmosphère de la vie souterraine dans ce fort emblématique de la Première Guerre mondiale. Dans une casemate murée reposent les corps de 679 combattants allemands tués lors d'une explosion accidentelle à l'intérieur du fort qui  causa près de 1 200 morts, le 8 mai 1916.

Aujourd'hui, les drapeaux français et allemand qui flottent côte à côte sur le fort rappellent la tragédie et la mort des soldats des deux armées en ce même lieu.

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